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Publié le vendredi 19 octobre 2001

20 jours après les attaques terroristes sur les USA, quelles premières réflexions ?



L’événement est énorme parce qu’après la chute du mur de Berlin, il montre que la puissance des seuls USA n’est garante en rien de la stabilité du monde ni même de sa propre sécurité. Le 21e siècle commence tragiquement sur un immense espace d’insécurité. Et pourtant il n’y a pas la guerre au sens traditionnel. Les réponses sont complexes, en témoignent les débats au sein de l’exécutif américain.

Le terrorisme est le fait de réseaux mondialisés, déterritorialisés, capables de frapper n’importe où. Il s’appuie sur certains pays : Afghanistan, Pakistan, Arabie saoudite, alliés des Etats Unis, il recouvre une réalité sociologique complexe s’appuyant d’un côté sur le terreau de la misère, de l’autre sur les fils de bonne famille transformés en fascistes islamiques tel Ben Laden.

La CGT, dans sa déclaration du 13 septembre dernier précisait : " La justice et la prévention des crimes nécessitent une grande fermeté, mais aussi un très grand esprit de responsabilité, dans les opérations visant au démantèlement du terrorisme international. Les représailles, la guerre, ne doivent plus être considérées comme des options inéluctables, car elles aggravent souvent les problèmes qu’elles étaient censées résoudre. La communauté internationale doit se poser concrètement et rapidement la question de l’avènement d’une nouvelle ère dans la conception des rapports économiques, politiques et stratégiques au niveau mondial.

Cela ne pose-t-il pas la question du développement ?
La mondialisation actuelle où d’immenses masses de capitaux émergeants fructifient à travers des circuits opaques et où les paradis fiscaux se mêlent, l’argent des mafias et du terrorisme. Plus personne ne sait qui fait quoi. Notons que les Etats Unis se sont toujours opposés à toute mesure visant à la transparence dans ce domaine.

L’arrogance de l’argent, la polarisation des richesses et du monde rendent encore plus insupportables les inégalités. Il n’a jamais été plus urgent d’annuler la dette du Sud, de réduire la misère, de donner un avenir aux jeunes, à ceux du tiers monde qui désespèrent comme à ceux de nos sociétés qui sont exclus ou déshérités..

Nous sommes très loin de la lutte du bien et du mal !

Il faut sortir des schémas simplistes, cela est valable pour tout le monde. Refuser toute idée de guerre sainte, tout amalgame religieux, qui débouche inévitablement sur le racisme. Il est urgent de résoudre le conflit israélo palestinien .qui sans être la véritable source des tensions actuelles en est une expression emblématique et dangereuse.

Les PVD ont besoin d’aide au développement, à la coopération, de modernisation, cela vaut pour les transferts de technologie, pour l’éducation, pour la santé mais surtout cela repose sur un des fondements du syndicalisme c’est à dire le respect et la dignité qui seuls instaurent la confiance.

La France comprend 4 à 5 millions d’hommes et de femmes de tradition musulmane. Nous devons répondre par plus de citoyenneté, de démocratie dans la ville, dans l’entreprise, dans l’accès à l’emploi, à tous les emplois. La refonte profonde de l’ensemble des organisations internationales est devenue indispensable, or la commission européenne tente de rouvrir un nouveau cycle de négociations à l’OMC comme si de rien n’était . Réformer les rapports internationaux c’est s’appuyer sur des états plus forts, plus solidaires, plus démocratiques qui donne un véritable sens à la coopération internationale, à son intervention.

L’Europe peut jouer un rôle à condition qu’elle sorte aussi de ces schémas libéraux afin de porter l’immense besoin de paix, de sécurité, de stabilité.